L’expression « réalité augmentée » fait référence au fait d’ajouter des éléments virtuels au monde réel. Ainsi confondus et mélangés, ces deux mondes évoluent alors sur le même plan et offrent, de manière un peu paradoxale, une expérience plus immersive au joueur. 

Concept récent et longtemps perçu comme un gadget, la réalité augmentée prend doucement ses marques, aussi bien techniquement que dans le cœur des joueurs. C’est une approche très différente de ce que propose un jeu vidéo traditionnel. Là où le joueur est habituellement incité à plonger dans un autre univers, ici c’est le jeu qui rejoint le monde réel. 

  • Son histoire

La réalité augmentée est longtemps restée au rang de science-fiction. Un fantasme technologique qu’on croise notamment dans Terminator, lorsque des informations supplémentaires viennent se superposer à la réalité dans le champ de vision du cyborg. 

Mais de la SF à la réalité il n’y a parfois qu’un pas, ou en l’occurrence quelques années. Les premières applications qu’on lui a trouvées furent militaires, avec en particulier les casques des pilotes d’avion de chasse et des lunettes pour les fantassins. Un peu plus tard, ce fut au tour des pilotes de F1. A ce moment, la réalité augmentée se limitait à quelques informations pratiques comme la géolocalisation ou les réserves de carburant. 

De nos jours les applications de cette technologie sont bien plus vastes et variées. Les jeux vidéo s’en sont d’abord emparés sur consoles portables. Il s’agissait alors de jeux relativement sommaires et au gameplay restreint, se limitant le plus souvent à tirer sur des monstres apparaissant dans le décor. 

Ingress, un coup d’essai réussi

Ce sont les smartphones qui vont permettre de développer le concept, et en particulier la géolocalisation qu’ils autorisent. C’est ainsi que Google, puis par la suite Niantic, ont développé un premier jeu nommé Ingress, sortit toute fin 2013 et entièrement basé sur la réalité augmenté. Le joueur doit se déplacer dans le monde réel afin d’activer des portails et de les relier entre eux. Si 3 portails sont activés par une même faction, la zone se trouvant à l’intérieur est conquise. 

Les critiques sont excellentes et les joueurs répondent présents, ce qui va mettre en évidence le potentiel de la réalité augmentée en matière de jeux vidéo. Fort de son succès, Niantic va s’associer à The Pokemon Compagny pour développer un nouveau jeu, Pokemon Go

Pokemon Go, du jeu à la folie

En 2016, c’est une véritable déferlante qui s’abat alors sur le monde du jeu vidéo sur smartphone. Le succès est tel que l’application est téléchargée plus de 500 millions de fois en moins de 2 mois ! En à peine 4 mois, les joueurs vont parcourir 8.7 milliards de kilomètres et capturer la bagatelle de 88 milliards de pokemon ! Une véritable folie collective !

Bien évidemment les retombées économiques sont énormes. Pour avoir un ordre d’idée, il faut savoir que pendant plusieurs mois, Pokemon Go, à lui seul, générait plus d’argent sur le Playstore de Google que toutes les autres applications réunies. Bien que le nombre d’utilisateurs actifs a naturellement baissé, Pokemon Go reste encore aujourd’hui très rentable et on estime qu’il aura rapporté plus de 3 milliards de dollars à Niantic d’ici la fin de l’année 2019. Pour l’heure, seul Clash of Clans est parvenu à rapporter plus d’argent.

Harry Potter, Wizards Unite: l’héritier 

Très rapidement après la sortie de Pokemon Go, des joueurs ont soulevé l’idée de transposer l’univers d’Harry Potter dans une application du même type. Une pétition en ligne verra alors le jour et rassemblera plusieurs dizaines de milliers de signatures. Inévitablement, un tel engouement retiendra l’attention de Niantic. Très réactif sur la question, l’éditeur annoncera le développement d’une nouvelle application à peine un an après la sortie de Pokemon Go.

Pour schématiser, on peut dire que ce nouveau jeu reprend les mécaniques d’Ingress et le fonctionnement de Pokemon Go. Disponible depuis Juin 2019, Harry Potter, Wizards Unite laisse une impression mitigée. S’il est plutôt bien accueilli par la critique, on estime qu’il a encore beaucoup à prouver. Le démarrage s’en ressent et on est très loin des chiffres de son aîné. En 3 jours, l’application sera téléchargée environ 3 millions de fois, soit 8 fois moins que Pokemon Go lors de sa sortie. La rentabilité est elle aussi en berne et, globalement, les chiffres ne sont pas vraiment bons.

Toutefois les nombreuses mises à jour de l’application semblent peu à peu lever les doutes et offrir de meilleures perspectives d’avenir au jeu. L’expérience s’améliore et le contenu prend du volume. Reste à voir si la communauté de fans suffira à infléchir la tendance, et s’il résistera à l’arrivée prochaine de Minecraft Earth, dont la bêta a commencé il y a peu.

Minecraft Earth

Minecraft Earth, révolutionne en quelque sorte la réalité augmentée. Effectivement, le principe est le même que Pokemon Go, se déplacer pour aller chercher des loots et des ressources.

Cependant Minecraft Earth propose une option 100% RA, en permettant au joueur de créer et confectionner des illustrations en utilisant l’appareil photo de son téléphone.

Un pas de plus dans la Réalité Augmentée !

  • Les principes de jeu

Ces jeux se fondent sur la géolocalisation que permettent les smartphones. Pour se rendre à un point précis ou tout simplement pour explorer l’univers du jeu, on ne se déplace plus seulement à l’aide d’un pad ou d’une souris mais directement dans le monde réel. 

Pour faire simple, les lieux importants ont des positions GPS précises qu’il faut rejoindre pour y accéder. Dans le même ordre d’idée, se déplacer dans le monde réel va générer un certain nombre de « rencontres aléatoires » qui prendront la forme d’ennemis à combattre, de PNJ ou événements divers. Il faudra donc marcher, beaucoup, si on veut rendre le jeu intéressant et conserver un rythme relativement soutenu. 

Un autre principe de base est le fait de choisir une faction. Afin de rendre les conquêtes utiles et en faire de réels objectifs, ces jeux entretiennent une forme de rivalité entre groupes de joueurs. Le plus souvent, ils sont divisés en deux factions qui s’affrontent pour la maîtrise d’un territoire. Le fait de détenir un lieu offre des bonus et des objets. Plus longtemps on parvient à le défendre, meilleures seront les récompenses. 

Pour le reste, on est sur du relativement classique avec une bonne dose de RPG et de collecte. Un système d’expérience, des monstres à combattre ou des Pokémons à capturer, et des arènes, châteaux ou autres lieux à visiter, conquérir ou défendre. 

  • Le déroulement d’une partie

A l’image des MMORPG, cette génération de jeux en réalité augmentée prend place dans des mondes persistants. Et pour cause, puisqu’il s’agit du monde réel. Conséquence logique, on ne peut pas parler de partie, mais on fera plutôt référence à des sessions de jeux. Mais même là, la nature de ces jeux rend cette notion pour le moins floue. 

L’avantage, des smartphones, c’est qu’on les a toujours sur soi. Du coup, on peut jouer 5 minutes en allant chercher son pain ou bien toute une journée entre amis, parcourant en long, en large et en travers les environs de votre lieu de résidence. On peut donc difficilement évaluer la durée d’une session. Toutefois, si on veut progresser, il faudra évidemment y consacrer beaucoup de temps.

Dans l’ensemble, ces jeux n’ont pas besoin d’offrir une énorme variété de gameplay, tout du moins pour le moment. La raison est toute bête. Là où, par exemple, on ferait facilement une vingtaine de combats en une heure son pad à la main et tranquillement affalé dans son canapé, l’histoire est toute autre si vous devez parcourir 500 mètres pour trouver un nouvel opposant. Du coup, pour peu qu’on ne joue pas tout seul et qu’on se déplace en groupe, la lassitude est plus longue à s’installer. On peut d’ailleurs s’interroger sur la durée de jeu effective, qui est sans doute sans commune mesure avec un jeu vidéo traditionnel. 

Pour ce qui est des jeux en eux-mêmes, on se rapproche sensiblement de ce qui se fait dans les MMORPG gratuits sur smartphone. On peut ainsi remplir des quêtes, farmer de l’xp ou des objets, partir à la conquête d’une arène etc. La seule véritable différence sera le fait de marcher, parfois très longtemps, pour atteindre son objectif. 

  • Qu’est-ce qui fait un bon joueur de réalité augmentée

Si ces jeux offrent la possibilité aux joueurs de s’affronter (plus ou moins directement), il n’y a pas à proprement parler de challenge. On n’a pas besoin d’être un gamer pur et dur pour y prendre du plaisir et progresser de manière convenable. En revanche, s’adonner à de tels jeux demande de disposer de temps et d’une certaine liberté. Par ailleurs, d’autres critères sont à prendre en compte si on veut pouvoir vivre une expérience plaisante et gratifiante.

  • Ne pas avoir peur de marcher 

Ça tombe sous le sens, mais autant le rappeler encore une fois : pour jouer il faut marcher. A titre d’exemple, faire éclore un œuf de Pokémon Go, c’est 2 km minimum, et 10 s’il s’agit d’un œuf violet ! Si votre plus grand exploit en la matière est de vous rendre à l’arrêt de bus à moins de 100 mètres de chez vous, posez-vous la question. Etes-vous prêt à marcher longtemps et ne vous découragerez-vous pas ? 

  • Trouver des joueurs

Pour ne pas se lasser et se décourager, le mieux est encore de s’entourer d’autres joueurs. Ce n’est qu’ainsi que vous profiterez pleinement de cette expérience. Il existe de nombreux forum et des points de rencontre dans de nombreuses villes. A vous de trouver une équipe avec laquelle vous êtes en phase et qui vous correspond, aussi bien dans l’esprit que dans les objectifs.

  • Être patient et persévérer

C’est clairement une quête de longue haleine dans laquelle vous vous lancez. La progression peut être lente et il faut y consacrer du temps. Tout n’est pas simple dans ces jeux, surtout si vous êtes en zone rurale. 

  • Être autonome

Le fait de devoir bouger implique une grande autonomie. Un enfant de 10 ans n’y trouvera pas son compte, sauf à ce qu’un membre de la famille se dévoue et partage le jeu avec lui. Paradoxalement, Pokemon Go s’adresse donc en priorité aux adultes et jeunes adultes. 

  • Un équipement adéquat

Se déplacer en utilisant la fonction de géolocalisation consomme énormément de batterie. Investir dans une batterie externe est vivement recommandé. Par ailleurs, il vaut mieux voyager léger, et se préparer comme si on allait faire une petite randonné. Baskets aux pieds, bouteille d’eau et casse-croûte vous sauveront la mise plus d’une fois.