Quand on fait référence à une addiction, on pense immédiatement à une dépendance à une substance telle que l’alcool, les drogues, le tabac etc. Mais une addiction n’est pas nécessairement en lien avec le fait de consommer quelque chose.

Qu’est-ce qu’une addiction ?

Bien que ses mécanismes soient sensiblement différents, l’addiction peut aussi être en lien avec une activité.

Etre addict à quelque chose, c’est tout simplement ne pas savoir s’en passer. Certains sont accrocs aux jeux d’argent, au sport, ou même au travail. Bref, partout où il y a plaisir et gratification, il y a un risque d’addiction, et les jeux vidéo n’y échappent pas.

D’ailleurs, l’addiction aux jeux vidéos est officiellement reconnue par l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS, depuis le 25 Mai 2018.

  • La frontière entre passion et addiction

Lorsqu’on a une passion, on y consacre forcément du temps, voire beaucoup de temps.

Du coup, la limite est parfois floue entre le plaisir de s’y adonner et le fait de ne pas savoir en décrocher. On peut y passer des heures tous les jours sans être nécessairement dépendant. 

En revanche, il faut être conscient que le problème existe et qu’il ne doit pas être sous-estimé. Il faut savoir le détecter chez l’autre et être capable d’en prendre conscience lorsqu’on est soi-même concerné. 

 

Dans quels jeux ?

Tous les jeux n’ont pas la même capacité à rendre dépendant, et ils ne le font pas nécessairement de la même façon.

  • Les jeux solos par exemple, sont moins souvent mis en cause dans ce genre de problème, mais la raison en est simple. En solo le plaisir de jouer est réel, mais il ne se partage pas. L’effet d’entraînement par un groupe ou un adversaire est moindre.
  • En multijoueur par contre, la donne est très différente. Que ce soit en s’opposant à d’autres ou en mode coopératif, la gratification liée à une victoire est toute autre. Non seulement on prend du plaisir mais de nombreux autres sentiments viennent se mêler à la fête : excitation, stress, soulagement, sentiment d’accomplissement, fierté etc.

Ce n’est pas directement aux jeux qu’on devient dépendant, c’est avant tout aux émotions qu’ils procurent qu’on devient accroc.

  • Ses causes

Bien entendu, l’origine de telles addictions est à chercher du côté de notre cerveau et de la quantité d’hormones qu’il sécrète.

Ces hormones vont faire naître en nous différents sentiments liés au bien-être que notre cerveau cherchera à reproduire encore et encore. 

Le plus souvent, on devient dépendant lorsque le principal bonheur qu’on éprouve dans notre vie provient d’une activité « annexe ». A tort ou à raison, on a le sentiment, souvent inconscient, que cette activité est ce qu’on a de mieux, que c’est en la pratiquant qu’on accédera au bonheur. 

Dans les jeux vidéo en particulier, la notion de récompense y est pour beaucoup. Le fait d’évoluer dans « un autre monde » apporte aussi une forme de distance avec le réel. C’est un moyen de s’évader d’un quotidien qu’on veut fuir. Bref, toutes les principales qualités d’un jeu vidéo (plaisir, évasion, joie de la victoire etc.) sont aussi, pour certains, des ingrédients susceptibles de rendre dépendant. 

Il faut aussi prendre en compte la notion de notoriété et d’appartenance. Appartenir à un groupe et lui être indispensable est souvent plus facile dans un univers digital que dans la vie réel. Il n’est pas évident de devenir un mage surpuissant et héroïque aux multiples pouvoirs pouvant lutter contre des hordes des gobelins dans la vie réelle ou de gagner la coupe du monde chaque samedi.

  • La désocialisation

Effet secondaire d’une addiction ou simplement conséquence indirecte de la pratique des jeux vidéo, il existe aussi un risque de désocialisation.

L’addiction et la désocialisation : les deux ne sont pas nécessairement liés mais vont souvent de pair. Dans le cas d’une dépendance, soit on s’éloigne des autres parce qu’on est addict, soit on se plonge dans notre addiction parce qu’on veut fuir les autres. 

D’un autre côté, on peut se désocialiser dans le réel, mais pas dans le virtuel. Comprendre par là qu’on peut n’adresser la parole à personne dans son entourage, et dans le même temps, échanger des heures durant par micros ou écrans interposés.

Le problème réside alors dans l’aspect souvent superficiel de ces échanges. On discute de tout et de rien mais ces relations, si elles restent virtuelles, n’apportent pas de bonheur réel et durable, ni socialement, ni émotionnellement.